Guy Bourdin : le chic, le sexe et la violence

2009 août 24
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par Foxy Crescendo

L’oeuvre photographique de Guy Bourdin est reconnaissable au premier coup d’oeil: une forme proche de la perfection et un fond trouble, comme un film de David Lynch, ou les paroles d’une chanson de Bashung.

Une exposition est consacrée à sa filmographie plus méconnue du 18 septembre au 29 octobre 2009 au Bon Marché :
Verrière, 2ème étage du Bon Marché Rive Gauche, 24, rue de Sèvres Paris 7ème -Tél : 01 44 39 80 00

Crédit photos: The Guy Bourdin Estate, 2009.

La faute à Madame

2009 août 14
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par Foxy Crescendo

Ou comment oublier Dita von Teese.

Je m’enfuis pas, je vole

2009 juin 5
par Foxy Crescendo

mire

Bon dites voir les moules, c’est pas qu’on s’amuse pas, hein, mais m’est venue la soudaine envie de partir sous des cieux plus cléments.

Me faire Voir chez les grecs si j’y suis.

Comme ça, sur un coup de tête.

Je pars me refaire une santé à coup de régime crétois vu que je suis devenue plus trop horny de la face à force de me coucher trop tard.

Comprenez, hors saison c’est moins cher, et au passage, ça me fait économiser une injection d’acide hyaluronique dans les cernes.

Crisis is crisis.

D’ici là, portez vous bien, et mollo sur le Roederer.

Sarouel, ma poule?

2009 mai 28
par Foxy Crescendo

Le nain au sarouel est un être extrèmement mal intentionné : si vous ne perpétuez pas la chaîne des tags tissée par vos amies blogueuses, il sonne chez vous sans crier gare et vous greffe un sarouel que vous serez contraint d’étrenner jusqu’au tombeau. Et autant vous dire que j’y tiens moyen, parce que 1) dès 2011, ce sera complètement out, et que je suis moyen disposée à être déguisée en moujik en attendant 2023 pour que la tendance revienne 2) c’est pas fatal vu que ça fait le cul mou et la jambe courte, et que ça va pas beaucoup m’aider à transpirer le sex-appeal par tous les pores, alors que c’est un peu mon but ultime. No way le nain, donc. Alors, après l’injonction de Bulles, je m’exécute.

Qu’est-ce qui t’obsède ?

Les aléas de la vie, la façon dont les choses peuvent basculer, brutalement, de manière aléatoire, et la portée des choix qu’on fait.

Quelle est ton obsession la plus étrange ?

Ca fait babos réac, mais les dangers qu’on ne maîtrise pas m’inquiètent : les ondes qui nous entourent, l’air sale qu’on respire, la viande et les légumes qu’on mange.

Le truc, c’est que j’ai deux portables sans oreillettes et une box wifi, que je n’ai aucune envie de quitter Paris, et que je n’achète pas de bouffe bio. C’est là que ça devient étrange.

Sinon, dans le genre moins parano, depuis quinze jours et un dégradé malheureux, je suis aussi très obsédée par la vitesse de pousse de mes cheveux. Mais je me soigne : j’ai jeté mon dévolu sur des cachets de levure de bière, et je peux vous dire qu’il faut une sacrée force mentale pour en avaler 9 par jour, vu l’odeur atroce de bouffe pour poisson que ça dégage.

Que portes-tu aujourd’hui ?
Un jean gris, une blouse avec de la dentelle, et des low boots en daim beige.

Que mangeras-tu ce soir ?
Le forfait est déjà commis : un plat Picard de raviolis au parmesan et un fromage blanc mélangé à la crème de marron.

Ce qui n’est pas très compatible avec une autre obsession, celle de génocider les adipocytes de mes cuisses avant l’été.  Ok, ce soir, c’est un écart, mais je suis sous Percutaféine et intraveineuses de CLA depuis deux mois, jicroizamor (clin d’oeil à Françoize).

Quelle est la dernière chose que tu as achetée ?

Après 3 mois de défense de la décroissance en mode recessionista , j’ai fait une sérieuse rechute depuis une semaine. Les rechutes, c’est normal après un sevrage trop brutal. Si si, je vous jure, ça fait partie de la thérapie, de faire des entorses, c’est ça qui aide à tenir sur la longueur. En plus, ça crée des emplois. Ouais bon, ok, ça crée surtout des emplois en Chine ou en Turquie, mais pas que, hein, pas que. Oui, oui, je sais, tous les junkies savent se trouver de bonnes raisons.

Les substances en question, les voici:

- Une paire de low boots en daim Les Petites Parisiennes, qui font la blague comme des Maje

petites parisiennes- une paire de sandales frangées Maje pour me chatouiller les chevilles

42478.32- 4 ersatz de chaises Verner Panton, en attendant d’avoir les moyens pour des vraies

panton

- Des livres : Mars, de Fritz Zorn, et Boys, Boys, Boys de Joy Sorman, depuis que je l’ai vue parler chez Taddéi

Qu’écoutes-tu pour l’instant ?

Master of One, de Sei A, sur l’album Editing Shadows.

Quelle est ta glace préférée ?

La glace pilée dans le mojito.

Que penses-tu de la personne qui t’a taguée ?

Qu’elle est drôle et que je suis heureuse qu’on me l’ait présentée.

Si on t’offrait une maison n’importe où dans le monde, où voudrais-tu qu’elle soit ?

A la Cité aux Fleurs, havre huppé verdoyant à côté des kebabs de l’avenue de Clichy.

Ton must have pour l’été ?

Les franges qui démangent de mes sandales.

Si tu pouvais aller n’importe où dans le monde dans l’heure qui vient, où irais-tu ?

A Petite Terre, en Guadeloupe, regarder les poissons et les tortues en me faisant brûler les fesses à la surface de l’eau.

Quelle langue voudrais-tu apprendre ?

L’espagnol, pour pouvoir partir en vacances en sachant dire autre chose que “Donde esta el bano?” ou “Me gusta la fellacion, qui peut présenter un certain risque si l’autochtone n’a pas d’humour.

Quelle est ta citation préférée ?

“Monsieur n’est pas une tapette, Monsieur est commissaire de police.”

Qui voudrais-tu rencontrer ?

Pff, plein de monde mais en même temps, avec des si, hein, les valseuses de ma tante seraient celles de mon oncle. Je réfléchis et on s’en reparle.

Quelle est ta couleur préférée ?

Le bleu marine.

Quelle est ta pièce préférée dans ton armoire ?

Des bottes hautes gold.

Le métier de tes rêves ?

Rédactrice en chef de Vogue, pour avoir un carré impeccable et pouvoir dire, tel Caligula, le menton haut, inondée de lumière devant la baie vitrée de mon bureau, “Qu’ils me haïssent pourvu qu’ils me craignent.”

Ton mannequin préféré ?

Pff. Je passe aussi, je ne suis pas groupie.

Si tu avais $ 100 à dépenser tout de suite, qu’achèterais-tu ?

L’intégrale des Sopranos.

Ton styliste préféré ?

Sonia Rykiel, parce que j’aime comment elle a parlé de sa rousseur et parce que son approche de la mode est féministe.

Que considères-tu un fashion faux pas ?

Je ne sais pas si on peut foncièrement parler de fashion faux pas. Un jean neige aurait été un fashion faux pas en 2005. Pareil pour les épaulettes de Joan Collins remises au goût du jour par Balmain ou Balenciaga  depuis quelques saisons. Les chaussettes blanches dans les chaussures noires faisaient fureur sur Michael Jackson dans le clip de Billie Jean. La mode, c’est l’éternel retour, le fashion faux-pas d’aujourd’hui, on sera prête demain à vendre nos mères pour se le procurer, tellement il sera haïpe.

De qui ou de quoi t’inspires-tu pour t’habiller ?

Je n’ai pas de sources d’inspirations récurrentes, je me nourris de tout : des filles que je croise, des images que je vois, et de représentations féminines intemporelles qui m’ont marquée.

Ma première égérie

Ma première égérie

Décris ton style personnel :

Inégal: des jours avec, des jours sans.

Que vas-tu faire après ça ?

Dormir.

Que voudrais-tu voir revenir à la mode ?

La légéreté et un certain goût pour la provocation (car les provocateurs sont devenus mous du genou).

Quelle période t’inspire le plus dans la mode ?
Les années 60, les robes Courrèges, et la liberté de la mini-jupe avant Adjani.

twiggy


Quand tu t’habilles, par quoi commences-tu ?

Par ce qui est propre et repassé, ce qui n’est pas une mince affaire. Ensuite je trouve ce qui va avec.

Quelle est la pièce que tu ne porteras jamais ?

Des Croc.

Y a-t-il des pièces qui te plaisent mais que tu n’oserais pas porter ?

Le short éponge, délicieusement régressif, mais mes cuisses ont J’AI passé l’âge.

Je refile le bébé et l’eau du bain à Eonisra, Bombay Magic si elle ne l’a pas déjà fait, et Cerises et Fraises, dès qu’elle reviendra de vacances.

Kaïrashopping, le télé-achat des kaïras

2009 mai 22
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par Foxy Crescendo

Ce qui est bien, quand on travaille pendant un pont de mai, c’est qu’on a le temps d’aller sur le web. Et de regarder des vidéos. Et même de faire un post vite troussé pour en parler.

Kaïrashopping, c’est une web-série diffusée sur Canalplus.fr.  Apparemment pas nouvelle, mais que je viens de découvrir. Contrairement à la série d’animation Les lascars, Kaïrashopping n’a pas trouvé de case de programmation sur la chaîne cryptée (seulement sur C+ Décalé), et on peut comprendre pourquoi, vu la trashitude des textes très bien écrits de Moustène, Abdel Krim et Momo (déjà vu parmi la bande de Kourtrajmé).

Le kaïra devient une figure emblématique de l’époque, presque un concept, au même titre que, il y a quelques années, le Lucien de Margerin, la Cellulite de Bretecher ou les personnages des Simpsons.

Les avis sont partagés, certains crient à la stigmatisation sociale etc, mais personnellement, je trouve ça juste très, très drôle.

Car Kaïrashopping, c’est le teleshopping du 9-3.

On y trouve, en vrac:

- un ours de ouf volé dans un zoo pour les gars qu’ont des embrouilles

- une tenue de pompier pour ken des meufs

- des DVD de happy slapping

- une carte de flic pour rentrer dans les boîtes à partouze

- le plus despee des joueurs de foot nains pour Charles Villeneuve, que quand tu fais 3 pas, il en fait 33

- un bouquet de roses volées à un pak-pak

- un animateur de kaïraoké qui déchire de ouf et qui parle 6 langues

La vérité, c’est golri.

A bientôt, bande de bâtards.

www.kairashopping.fr

Bass Music

2009 mai 18
par Foxy Crescendo

C’est un peu en dents de scie, les nouvelles, par ici, me direz vous. L’inspiration va et vient. Exit les pintaderies, au moins pour un temps. Je suis d’humeur contemplative, émotive, et un poil mélancolique. Une mélancolie qui chez moi est toujours sous-jacente, que j’apprivoise plus ou moins, mais que je ne nie pas, tant elle me rend perméable aux belles choses.

C’est donc de musique dont on parlera encore aujourd’hui, car la nouvelle de ce mois de mai la voici: Burial et Four Tet ont collaboré sur un EP, Moth/Wolf Cub.

On ne les présente plus. Si? Bon alors, pour les “has-never-been” comme Bombay, Burial est un énigmatique producteur anglais de dubstep. Tant qu’on y est, dans le glossaire, le dubstep c’est un mouvement apparu autour de 2006 et forcément à Londres, qui s’est développé à coup de maxis très sombres, mélangeant les basses profondes du dub et les sonorités techno. Parmi les figures emblématiques, on peut citer donc, Burial, mais aussi Skream, Kode9 (qui est aussi éditeur du label de Burial), Applebim &Shackleton, Caspa & Rusko et Digital Mystikz (à l’origine des soirées DMZ londoniennes).

Burial, donc, avait sorti un premier album éponyme en 2006, qui avait eu son petit succès parmi les fans de dub mais qui personnellement, ne m’avait pas marquée plus que ça. Il a ensuite mis tout le monde d’accord en 2007 avec son insondable Untrue, devenu porte-flambeau du genre et parfait support à la mélancolie de l’auditeur solitaire.

Quant à Four Tet, dont je suis un peu moins fan, c’est le Mister Hyde électro du guitariste londonien Kieran Hebden, dont les productions “ecstatic” sont teintées de jazz, de folk et de hip hop.

La collaboration des deux a donc fait naître deux titres : Moth et Wolf Cub. Deux titres de 9 minutes, les messieurs ne sont pas avares. Des deux, c’est Moth que je prefère, sans hésiter. Moth, c’est 9 minutes de pulsations linéaires sombres et hypnotiques, ponctuées de voix fantômatiques et sensuelles semblables à celle d’Untrue. Son rythme sourd tendance deep dépressive conviendrait bien à un after pour camés. C’est techno, c’est dancefloor, c’est envoûtant mais c’est surtout cradingue. Fin de soirée, exténué, les yeux voilés sous la fumée et les spots, les oreilles saturées de sons, on laisse monter, on décolle et on danse au ralenti.

http://www.youtube.com/watch?v=TY_p8LAKKIE&feature=related

Tant qu’à faire, je vous glisse également Wolf Cub, dont les percussions répétitives me font penser à la relique Drumming de Steve Reich.

La minimale aérienne de Clara Moto

2009 mai 3
par Foxy Crescendo

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Voilà longtemps que j’avais envie de parler d’elle : Clara Moto est une fée. Sombre, rêche, hypnotique et pas mièvre pour un sou, la musique de cette dj autrichienne flotte quelque part entre l’electronica, la minimale et la house. Elle puise ses racines dans l’electro berlinoise mais possède un supplément d’âme et une élégance qui la classent à part, sans doute attribuables au fait qu’elle ait été élevée au jazz et à la musique classique par son apprentissage du piano.

Je l’ai découverte via l’envoûtant Silently (chez InFiné, label d’Agoria) sur la compile Tsugi n°12, dont je ne me suis pas lassée après 6 mois d’écoute régulière.

Si la voix de Mimu peut donner à Silently un côté girly, l’écoute des autres titres du maxi (notamment Sancy Cat) convainct immédiatement du contraire: il y a de la profondeur et de la mélancolie dans les productions de Miss Moto, ce qui a de quoi impressionner quand on pense que la jeune femme n’a que 24 ans.

Lorsqu’elle s’est faite repérer par James Holden et Laurent Garnier (rien que ça) pour son précédent EP Glove Affair (déjà chez InFiné), elle n’en avait même que 23: c’est jeune pour faire naître sous ses doigts les somptueuses basses de Three Minutes et pour créer Glove Affair, une perle de tech-house qui fonctionne aussi bien pour une écoute solitaire au casque qu’en dj-set sur un dancefloor.

Je fais le voeu que la baguette magique de la demoiselle fasse naître très vite bien d’autres sortilèges. En attendant, je peaufine mon Rone, quasi frère de lait de Clara, dont je vous parlerai bientôt.

http://www.myspace.com/claramoto

Nail Patch, le vernis pour les nulles

2009 avril 20
mots-clés : , ,
par Foxy Crescendo

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Mes ongles et moi, on est plein de bonne volonté depuis que j’ai arrêté de les ronger.

Je leur ai acheté tout ce qu’il faut pour qu’ils soient beaux et bien nourris : crème hydratante, soin émollient, limes, bâtons repousse-cuticules, base protectrice, vernis à pinceau fin, vernis à pinceau large, vernis incolore, vernis beige n°12, vernis rouge corail n°34, vernis red night n°45, (…) , top-coat.

Mes ongles et moi, on avait tout pour être heureux.

Sauf que, on peut avoir le placard de Gail Devers et des mains de boucher : il n’y a pas de mauvais outils, il n’y a que de mauvais ouvriers.

Gail n'aime pas avoir une poussière dans l'oeil.

Gail n'aime pas avoir une poussière dans l'oeil.

Et il faut se rendre à l’évidence : j’ai des mains de malheur.

Pourtant, je me suis exercée sans relâche, comme une pro. Vas-y que je te fais des bains pour ramollir les peaux, vas-y que je te badigeonne d’exterminateur à cuticules, vas-y que je te nettoie la base de l’ongle avec un petit bâton, vas-y que je te lime les bouts, vas-y que je te tartine de base. Jusque là, tout allait bien.

En général, ça se gâtait lors de la première couche. Le plus souvent, je débordais sur les contours de la peau. Là, j’essayais de rattraper le truc avec les doigts, je m’en mettais partout. Après, j’ai essayé de le faire avec un petit coton imbibé de dissolvant au bout d’un batonnet : dans le meilleur des cas, je ripais et me niquais toute la surface de l’ongle baveux, et dans le pire, je faisais couler du dissolvant sur les ongles à peu près parfaits qui n’avaient rien demander, et tout était à refaire.

Au bout d’une petite heure, j’attaquais la deuxième couche. Et là, soit j’en avais trop mis pour la première, soit je n’avais pas attendu assez longtemps pour qu’elle sèche, mais je me retrouvais le plus souvent avec une tartine de cire sur les griffes qui ne séchait jamais, même après une nuit, alors que la forme des draps s’étaient joyeusement incrustée dessus. Résignée, j’enlevais tout le lendemain matin en souillant une bonne dizaine de demak-up. Et j’arrivais au bureau en retard avec des traces rosées dans la commissure des ongles.

Bref, je n’ai jamais eu les mains soignées.

En plus, il paraît que j’ai des mains de gamine. Un beau jour, ou peut être une nuit, j’aurais mieux fait de m’être endormie mais je me suis retrouvée par un malheureux concours de circonstance seule aux côtés d’un avocat grisonnant et adultère sur les sièges d’une boîte de nuit.

- J’ai besoin de tendresse. qu’il me dit

- Ah.

- Et toi tu n’as pas besoin de tendresse ?

- Non. que j’y fais

Je regarde le plafond. Il me regarde de bas en haut.

- Tu n’as aucun bijou, c’est émouvant. qu’il fait

Au secours, je me dis, il me fait le coup de Baudelaire et de sa mendiante rouquine, façon ”tu es tellement fraiche par rapport à ma bourgeoise endiamantée, toi ma pauvrette”.

Il me prend la main. Je me crispe.

- On dirait des mains d’enfant.

OMG, que je me dis en mon for, fuyons, il me joue le scénario du pervers pépère et de la lolita (je précise que j’ai quand même pas loin de 30 ans). J’ai voulu décamper fissa mais ça a pas été facile parce qu’il avait le ticket du vestiaire dans sa poche.

Bref.

Tout ça pour dire que non seulement je n’ai pas des mains de femme, mais qu’en plus je suis infoutue d’en prendre soin. La seule solution pour qu’elles aient l’air de grandes, c’était la manucure en institut, très chère.

Mais c’est là que la trouvaille intervient, j’ai nommé le Nail patch, vernis-décalcomanie. nail_patch_011

A la base, j’aurais pas mis un kopeck dessus, ça ressemblait à des autocollants, pourquoi pas se coller des bouts de vignette Corsica Ferries, je me disais. La première fois, je l’ai fait poser faute de grive chez Sephora parce qu’il était trop tard pour une vraie manuc’. Ca a été la vraie bonne surprise : c’était moins cher (7,90€ le pack + 3€ la pose), rapide, sans séchage, soigné, brillant et ça a tenu près d’une semaine. Ca s’enlève ensuite au dissolvant classique.

J’en ai racheté pour tenter de le faire chez moi, et miracle, j’ai réussi, c’est facilissime. Si on s’est pas trop loupée (comme il y en a 16), on peut aussi se faire les pieds, en coupant en deux les quatre petits restants.

Tous mes ongles et moi, on est 21 et on est heureux.

(j’ai des joies simples)

La libido endormie des princesses trentenaires

2009 avril 13
par Foxy Crescendo

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On nous a fait prendre des vessies pour des lanternes.

Les féminins n’ont cessé de nous présenter la sexualité sous l’angle de la performance, à nous, vingtenaires d’hier.

On nous a fait croire qu’avec dix rapports sexuels par mois, on avait juste la moyenne. Qu’il fallait se muscler le périnée avec des boules de geisha pour découvrir son point G, quête ultime. Qu’avec un peu d’exercice, l’orgasme pouvait durer plusieurs minutes. Que près de la moitié des jeunes femmes pratiquaient régulièrement la sodomie. Qu’avoir un sextoy dans le tiroir de son chevet était indispensable. Que l’épilation intégrale n’était pas réservée qu’aux actrices porno. Que les rapports saphiques faisaient quasi partie d’un cursus sexuel normal, de même que l’amour à plusieurs. Et que fréquenter un club échangiste était devenu presque aussi banal qu’une séance d’abdo-fessiers au Club Med Gym.

On y a cru, un peu, sans être dupe de tout. En tous cas, on a fait nos meilleurs efforts pour être décomplexées sur le sujet. Et on l’est presque.

Aujourd’hui, nous avons trente ans ou à peu près. On dit de nous que nous sommes à l’âge de l’épanouissement, à l’apogée de notre beauté, parce que nous avons tranché un certain nombre de questions, du point de vue de notre personnalité, de notre vie professionnelle ou de notre vie amoureuse. Parfois certaines sont encore en suspens, mais au fond, Nizan avait raison, 30 ans est un plus bel âge que 20.

Pour autant, nombreuses sont celles qui paradoxalement déplorent une libido en berne. Où est le loup?

Pas de mec ou en couple depuis longtemps. Un mec qu’on voit trop, pas assez, ou qu’on voit mal, à cause de trop de TV ou de trop de quotidien. Un mec trop ou pas assez libéré sur la question. Un esprit accaparé par un boulot exigeant ou au contraire par l’angoisse d’une période de creux. Des enfants qui prennent beaucoup de place ou la pression d’une grossesse qui tarde à venir. Un corps qui a changé et qu’on assume moins ou à l’opposé une body-consciousness totale qui nous fait nous tartiner d’onguents répulsifs avant de dormir. Trop d’épisodes de Dexter regardés au lit ou trop de parties de Wii au salon… La sex fatigue trouve ses explications dans différents recoins de notre vie.

Résultat, nous sommes à la fois blasées et frustrées de la chose.

Et on se sent plus mémères que les quinquagénaires, qui, paraît-il, revendiquent à 90% une vie sexuelle active.

Mais sans doute, le postulat de départ était mauvais: par manque de recul, nous nous sommes fourvoyées dans les diktats des magazines, en voulant devenir des machines de guerre de la bamboche. Partant de là, on pensait ne jamais avoir de problèmes sur la question, que le désir coulerait de source. Sauf que non, soit on se rend compte qu’on s’est forcée à être un panzer alors qu’il n’en est rien, soit on fait pour la première fois le constat tellement cliché que le désir se bichonne.

Les héroïnes sont fatiguées.

Mais pas complètement désespérées.

Hauts les coeurs.

Vie de bureau : peut-on être crédible en talons de 12?

2009 mars 20
par Foxy Crescendo
"-Boutique Galactica, à Pigalle?" "-Non, Carvela, au Printemps Haussmann."

"-Boutique Galactica, à Pigalle?" "-Non, Carvela, au Printemps Haussmann."

Réunion de travail avec Big Boss et Boss:

Big Boss, à moi:

- Faudrait que t’ailles voir Machine, la nouvelle nana du juridique, pour en parler. Entre jolies filles vous devriez vous entendre…

Moi, comme un noir qui ferait à contre-coeur des blagues racistes pour s’intégrer, je dis, façon butor libidineux:

- Eh eh, c’est vrai que son chef a pas choisi la plus moche…

Lui, sourire gras :

-Mais Boss non plus a pas choisi la plus moche, hein Boss?

Que dire?

1)  Adopter une posture de féministe outrée : la stratégie dite “Ségolène” (“Est-ce que vous diriez ça si j’étais un homme?”). Je le pensais très fort mais Big Boss est susceptible. Par ailleurs,  je prenais le risque qu’on stigmatise mon côté Benoîte Groult (“Pas drôles ces gonzesses: au moins entre paires de couilles, on peut se marrer”), ou pire encore, qu’on me range dans la catégorie des prudasses mal baisées (effet collatéral dit “Ségolène”)

2) Me dire que Big Boss est de la génération des machos à la papa qui comprennent pas qu’une petite pépé bien roulée puisse s’offusquer d’un compliment. Et donc, faire un sourire de ravissante idiote.

3) Choisir la stratégie dite de l’arroseur arrosé (“Moi non plus j’ai pas choisi le patron le plus moche, hein Boss?”). A posteriori, une réponse risquée, mais sans doute la meilleure : je me serais délectée de voir Big Boss rougir comme une jeune fille dont on flatterait pour la première fois sa beauté du diable.

Horreur : le temps de penser à tout ça, c’est moi la midinette écarlate. Quelle cruche. Il m’avait eue.

D’où la question: Pour faire remarquer ses talents professionnels plutôt que son body, faut-il renoncer à être féminine au bureau?

C’est Jean Eustache revisité :  la working girl contre la putain. Y a qu’à voir ce qu’on a fait subir à Rachida et à ses bas résille (les féministes étant les premières à lui jeter la pierre, le monde à l’envers) :  une femme trop séduisante ne peut pas être une femme politique compétente, ni d’ailleurs une bonne mère.

C’est une question épineuse, parce que nous, working girls du XXIème siècle, renvoyons des signaux contradictoires: on veut un traitement comparable aux hommes tout en ne rechignant pas, parfois, à jouer du sourire pour obtenir ce qu’on veut.

Mais si c’est grâce à mon minois que Biggest Boss a retenu mon nom après une réunion, fair enough : c’est certainement pour de mauvaises raisons, mais il me sert la main lorsqu’il me croise alors qu’il ignore mes petits collègues testiculés.

Alors non, je ne m’habillerai pas en tailleur pantalon informe et talons plats pour être discrète mais respectée. Sauf si j’ai envie de confort. Mais si je veux appliquer le commandement de Diane von F. et porter une robe pour me sentir femme, ce sera sans aucune gêne, même si je détonne au milieu d’encravatés sans fantaisie et que ça bande dans les De Fursac.

(En passant, je garde à l’esprit que l’Homo Corporatus, qui a toujours quelquechose à redire, est encore moins tendre avec les cageots.)

Et perchée sur mes talons de 12 dans ma robe portefeuille, j’écris en lettre d’or sur mon bureau cette phrase d’Isabelle Germain*: “Quand le dominé refuse de porter l’habit du dominant, c’est une façon de s’approprier le pouvoir.”

*Journaliste et auteur de “Si elles avaient le pouvoir” (Larousse)